Lucky Luke : à Bruxelles, une exposition inédite rend hommage à son créateur Morris

“Il dessina toute sa vie les mêmes chevaux, les mêmes canyons, les mêmes rochers, les mêmes cabanes, les mêmes brins d’herbes, les mêmes pistolets, les mêmes villes fantômes. Chaque objet, décor ou personnage sont comme des lettres et des ponctuations d’un grand récit qui nous dépasse et qui s’étend sur des décennies.” C’est Hervé Di Rosa qui parle, à l’instar de la kyrielle d’artistes invités à s’exprimer sur Morris et son héros fétiche, Lucky Luke.

Leurs liens avec “l’homme qui tire plus vite que son ombre” s’égrènent dans l’ouvrage qui accompagne l’exposition 100 ans 100 œuvres à la galerie Huberty & Breyne de Bruxelles, à l’occasion du centenaire de la naissance de l’auteur belge. D’envergure muséale, cette rétrospective fait figure d’événement en éclairant l’évolution graphique de Morris sur près de cinquante années et en dévoilant 15 couvertures originales restées jusqu’à présent dans la sphère familiale, ainsi que des croquis inédits. Si l’exposition est non marchande, les héritiers de Morris ont tout de même concédé une vente aux enchères de dix dessins originaux du créateur, sans lien avec son héros fétiche et provenant des archives familiales, programmée à la galerie bruxelloise le 19 décembre à 19 heures.

Né à Courtrai (Belgique) en 1923 et mort en 2001, Maurice De Bevere, alias Morris, étudie le droit avant de tomber dans la marmite du neuvième art – terme qu’il a par la suite popularisé. Il suit les cours de Jean Image puis intègre le studio de dessins animés Compagnie belge d’actualités. Sollicité par l’hebdomadaire Le Moustique dès 1945, l’illustrateur réalisera 250 Unes pour cette revue humoristique, tout en esquissant les contours de son poor lonesome cow-boy, dont les premières aventures paraissent en 1946 dans l’Almanach Spirou 1947, sous le titre Arizona 1880. Ainsi naît l’engouement au long cours pour Lucky Luke, flanqué de sa monture, le pragmatique Jolly Jumper, et du chien le plus stupide de l’Ouest, Rantanplan, immuables compagnons auxquels se joignent des figures emblématiques du western : les Dalton, Billy the Kid, Calamity Jane ou encore Lulu Carabine et ses girls. Autant de personnages servis par le dessinateur qui peaufine, au fil des albums, l’efficacité et l’extrême précision de son trait.

Maurice De Bevere (Morris), créateur de “Lucky Luke”, ici en 1984.

Le séjour outre-Atlantique de Morris contribue fortement à cette mutation graphique. Entre 1948 et 1955, il sillonne l’Amérique avec ses copains du studio, Franquin, le mentor, et Jijé (Joseph Gillain). A New York, il rencontre la bande de Mad – le magazine satirique dédié aux comics animé par Harvey Kurtzman, Jack Davis et Wallace Wood -, mais aussi le scénariste René Goscinny, avec lequel il collaborera étroitement jusqu’à la mort de ce dernier en 1977.

La complicité entre les deux hommes fait merveille : la silhouette de Lucky Luke s’allonge, tandis que le bagarreur à la gâchette facile s’adoucit, jusqu’à adopter, au mitan des années 1950, l’élégance imperturbable et l’empathie pleine d’humour qui entreront dans la postérité. Sur le papier, les bulles claquent comme autant de plans cinématographiques suggérant, en une case dépouillée de tout artifice inutile, l’action en train de se faire. La passion de Morris pour le grand écran est un élément clé de la saga, concrétisée avec ses longs-métrages Daisy Town (1972), La Ballade des Dalton (1978), Les Dalton en cavale (1983), sans oublier le Lucky Luke réalisé et joué en 1991 par Terence Hill, qui renfile l’habit du justicier l’année suivante dans la série télévisée éponyme italienne.

A ce jour, les tribulations du cow-boy comptent près de 90 albums, traduits en une trentaine de langues et tirés à plusieurs centaines de millions d’exemplaires. Et si une seule image devait résumer le génie visuel de Morris, ce serait celle, répliquée à l’infini, des quatrièmes de couverture, où le héros loge une balle dans le cœur de son ombre avant même que celle-ci ait le temps de dégainer.




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